Au bout de cinq ans, un PEA libère ses gains sans impôt sur le revenu : seuls les prélèvements sociaux, au taux de 18,6 % en 2026, restent dus. Cette défiscalisation du plan d'épargne en actions repose sur trois règles, le plafond des versements, la date d'ouverture et la façon de retirer l'argent.
- Avant 5 ans
- Un retrait clôture en principe le plan ; le gain net supporte 12,8 % d'impôt plus 18,6 % de prélèvements sociaux, sauf option pour le barème.
- Après 5 ans
- Gains exonérés d'impôt sur le revenu, retraits partiels possibles sans clôture, versements toujours admis sous le plafond.
- Plafonds
- 150 000 euros sur le PEA classique, 225 000 euros en cumulant avec un PEA-PME-ETI, 20 000 euros pour un jeune majeur rattaché au foyer fiscal.
Comment fonctionne un plan d'épargne en actions ?
Le plan d'épargne en actions, ou PEA, est une enveloppe fiscale créée par la loi du 16 juillet 1992 pour orienter l'épargne des ménages vers les entreprises européennes. Il prend la forme d'un compte espèces associé à un compte titres, ouvert dans un établissement bancaire, une entreprise d'investissement ou, plus rarement, chez un assureur sous forme de contrat de capitalisation. Le titulaire du plan y verse de l'argent, puis achète avec ces sommes des actions et des fonds éligibles.
L'enveloppe fonctionne comme une bulle : à l'intérieur, les dividendes encaissés, les plus-values de cession et les revenus des fonds s'accumulent sans aucune imposition annuelle. Un investisseur qui vend une action avec un gain pour en acheter une autre ne déclare rien. La fiscalité n'intervient qu'au moment où de l'argent sort du plan, et son niveau dépend alors de la durée écoulée depuis la date d'ouverture.
Chaque contribuable majeur domicilié fiscalement en France peut détenir un seul PEA classique, bancaire ou assurance, et un seul PEA-PME-ETI. Le plan est strictement personnel : un compte joint n'existe pas. Un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune ouvre donc deux plans, un par conjoint, ce qui double la capacité de versement du foyer fiscal.
La loi PACTE du 22 mai 2019 a assoupli le dispositif sur deux points qui changent la gestion au quotidien : les retraits après cinq ans ne bloquent plus les versements, et le PEA-PME-ETI accepte davantage de titres de financement des PME, notamment certaines obligations acquises sur des plateformes de financement participatif agréées.
PEA classique, PEA-PME-ETI et plan du jeune majeur
Le PEA existe sous trois formes dont les plafonds de versement diffèrent. Le plafond porte sur les sommes versées, pas sur la valeur du portefeuille : un plan alimenté jusqu'à sa limite peut grossir bien au-delà grâce aux gains, sans aucune conséquence fiscale. À l'inverse, une perte ne libère aucune capacité de versement.
| Plan | Plafond des versements | Titulaire | Titres éligibles |
|---|---|---|---|
| PEA classique | 150 000 euros | tout majeur domicilié en France | actions européennes, fonds investis à plus de 75 % en actions éligibles |
| PEA-PME-ETI | 225 000 euros, cumul avec le PEA classique compris | tout majeur domicilié en France | titres de PME et ETI, obligations convertibles, titres participatifs |
| PEA du jeune majeur | 20 000 euros | majeur rattaché au foyer fiscal de ses parents | ceux du PEA classique, sans PEA-PME-ETI |
Quelles entreprises entrent dans un PEA-PME-ETI ?
Le PEA-PME-ETI accueille les titres de sociétés de taille moyenne. Pour une société non cotée, le seuil est de moins de 5 000 salariés avec un chiffre d'affaires d'au plus 1,5 milliard d'euros ou un total de bilan d'au plus 2 milliards. Pour une société cotée, la capitalisation boursière doit rester sous 2 milliards d'euros, ou l'avoir été lors d'un des quatre derniers exercices. Ce plan vise les épargnants qui acceptent un risque plus élevé en échange d'une exposition aux petites et moyennes valeurs, souvent moins liquides que les grandes capitalisations.
Le plan du jeune majeur, un outil pour prendre date
Un étudiant de moins de 26 ans rattaché au foyer fiscal de ses parents peut ouvrir son propre PEA, limité à 20 000 euros de versements. Le plafond rejoint celui du PEA classique quand le jeune quitte le foyer fiscal. L'intérêt principal tient à la date d'ouverture : le compteur des cinq ans démarre dès le versement initial, si bien qu'un plan ouvert à vingt ans atteint l'exonération d'impôt avant même le début de la vie active.
Les titres qu'un PEA peut détenir
Un PEA n'accepte que des titres de sociétés ayant leur siège dans l'Union européenne ou dans un État de l'Espace économique européen, soumises à l'impôt sur les sociétés. En direct, le plan accueille les actions, sauf les actions de préférence, les parts de SARL et les droits préférentiels de souscription attachés à des titres déjà détenus. En indirect, il reçoit des OPCVM, des Sicav et certains fonds d'investissement alternatifs investis à plus de 75 % en titres éligibles.
Les actions américaines ou asiatiques ne peuvent pas être achetées en direct. Plusieurs ETF « PEA » répliquent pourtant des indices mondiaux ou américains : ils détiennent physiquement un panier d'actions européennes et échangent sa performance contre celle de l'indice visé grâce à un contrat d'échange. Cette réplication synthétique respecte la règle des 75 % tout en exposant le portefeuille aux marchés hors d'Europe, avec un risque de contrepartie encadré par la réglementation des fonds.
Restent exclus les obligations classiques, les fonds monétaires, les titres de sociétés hors Europe, les cryptoactifs et les placements immobiliers. Un épargnant qui veut combiner actions et supports plus prudents dans une même enveloppe se tourne plutôt vers les avantages fiscaux de l'assurance vie, dont les fonds en euros garantissent le capital, ce que le PEA ne propose jamais.
Quelle fiscalité selon la date du retrait ?
La fiscalité du PEA dépend d'un seul critère, l'ancienneté du plan au moment du retrait, calculée à partir de la date du versement initial. Le gain net soumis à l'impôt correspond à la valeur liquidative du plan le jour du retrait, diminuée du montant total des versements effectués depuis l'ouverture du plan.
Retrait avant cinq ans
Un retrait avant cinq ans entraîne en principe la clôture du PEA. Le gain net est alors imposé au taux forfaitaire de 12,8 % d'impôt sur le revenu, auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux de 18,6 % sur les revenus perçus en 2026, soit 31,4 % au total avec le prélèvement forfaitaire unique, ou flat tax. Le titulaire peut opter pour le barème progressif lors de sa déclaration : cette option, globale pour tous ses revenus du capital de l'année, n'a d'intérêt que pour un foyer dont la tranche marginale reste basse. Pour faire ce calcul, il compare 12,8 % à sa tranche marginale d'imposition.
Retrait après cinq ans
Après cinq ans, les gains sortent exonérés d'impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux restent dus, prélevés directement par l'établissement financier au moment du retrait. Un retrait partiel ne ferme plus le plan et n'empêche plus de nouveaux versements, dans la limite du plafond. Seul un retrait total entraîne la clôture. Les titres non cotés détenus dans le plan suivent une règle propre : leurs revenus restent exonérés dans la limite de 10 % de leur valeur d'acquisition, l'excédent étant imposé.
Les prélèvements sociaux, seule charge qui subsiste
Les prélèvements sociaux sur les produits de placement passent à 18,6 % pour les revenus perçus en 2026, après la hausse de CSG votée dans la loi du 30 décembre 2025 (CSG 10,6 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %). L'assurance vie, le PEL, le CEL et le PEP restent à 17,2 %, mais pas le PEA. Pour les gains acquis avant 2018 sur un plan ancien, des taux historiques peuvent s'appliquer : l'établissement les calcule, et l'information figure sur le relevé de retrait.
Le PEA face au compte titres ordinaire
Le gain fiscal du PEA se mesure par rapport au compte titres ordinaire, qui accueille les mêmes actions sans plafond ni restriction géographique, mais impose chaque dividende et chaque plus-value réalisée l'année où ils sont perçus. La comparaison ci-dessous porte sur des titres éligibles aux deux enveloppes.
| Situation | PEA | Compte titres ordinaire |
|---|---|---|
| Dividende encaissé | aucune imposition tant qu'il reste dans le plan | 31,4 % l'année de perception, ou barème sur option |
| Arbitrage avec plus-value | aucune imposition | plus-value imposée l'année de la cession |
| Sortie après 5 ans | 18,6 % de prélèvements sociaux sur le gain | 31,4 % sur la plus-value |
| Titres hors Europe en direct | exclus | admis |
| Plafond | 150 000 euros de versements | aucun |
Un exemple chiffré montre l'écart sur un gain net de 100 000 euros réalisé en bourse au bout de quinze ans. Sur un compte titres ordinaire, la flat tax prélève 31 400 euros ; dans un PEA de plus de cinq ans, seuls les prélèvements sociaux s'appliquent, soit 18 600 euros. La différence de 12 800 euros correspond à l'impôt sur le revenu évité. L'écart réel est plus large encore, car le compte titres taxe aussi chaque dividende en cours de route, ce qui réduit le capital qui travaille : dans le PEA, l'argent reste investi en totalité jusqu'à la sortie, et les intérêts composés jouent sur une base plus large.
Les retraits possibles sans clôture avant cinq ans
Un retrait avant la cinquième année ferme le PEA, sauf dans des situations prévues par la loi. Le plan survit à un retrait lié au licenciement, à l'invalidité de deuxième ou troisième catégorie ou à la mise à la retraite anticipée du titulaire, de son conjoint ou de son partenaire de Pacs. Il survit aussi au retrait de titres d'une société placée en liquidation judiciaire, ainsi qu'au retrait réinvesti dans les trois mois dans la création ou la reprise d'une entreprise.
Dans ce dernier cas, le plan continue mais n'accepte plus de versements. Ces exceptions protègent l'épargnant qui subit un accident de la vie ; elles ne servent pas à sortir de l'argent pour un projet personnel. Un retrait avant cinq ans hors de ces cas reste donc une décision lourde : il ferme le plan, déclenche l'imposition du gain et fait perdre l'antériorité fiscale accumulée.
Le salarié qui cherche une épargne disponible plus tôt avec un avantage fiscal dispose d'autres dispositifs, comme l'épargne salariale via PEE et PERCOL, dont l'abondement de l'employeur s'ajoute aux sommes versées et dont les cas de déblocage anticipé diffèrent de ceux du PEA.
Comment optimiser la défiscalisation d'un PEA ?
La défiscalisation d'un PEA tient moins au choix des titres qu'à la gestion du calendrier. Quatre leviers, tous prévus par les textes, permettent d'en tirer le plus grand avantage fiscal.
- Ouvrir le plan tôt. Un versement modeste suffit à fixer la date d'ouverture : le délai de cinq ans court ensuite, même si le plan reste peu alimenté. Les conseillers en gestion de patrimoine recommandent cette prise de date à tout particulier qui envisage d'investir en actions un jour.
- Ouvrir un plan par conjoint. Un couple soumis à imposition commune dispose de deux plafonds de 150 000 euros, et de deux PEA-PME-ETI en complément.
- Retirer après cinq ans, par fractions. Les retraits partiels ne ferment plus le plan : l'épargnant prélève ce dont il a besoin et laisse le reste capitaliser, en payant les prélèvements sociaux sur la seule quote-part de gain.
- Transférer plutôt que fermer. Un PEA se transfère d'un établissement à un autre en conservant sa date d'ouverture : changer de banque pour réduire les frais de gestion ne remet jamais le compteur à zéro.
Le versement s'effectue toujours en espèces : on ne transfère pas sur un PEA des titres déjà détenus sur un compte titres ordinaire. Pour l'épargnant qui a déjà atteint le plafond, l'étape suivante consiste souvent à ouvrir un contrat de capitalisation ou un compte titres pour la part de patrimoine financier qui excède les limites du plan.
Ouvrir un PEA : démarche, justificatifs et erreurs à éviter
L'ouverture d'un PEA se fait auprès d'une banque, d'un courtier en ligne ou d'un assureur, en agence ou par un formulaire en ligne. La démarche demande les mêmes justificatifs que tout compte financier : pièce d'identité, justificatif de domicile et avis d'imposition ou attestation de résidence fiscale, puisque la condition de domicile fiscal en France conditionne l'accès au régime. L'établissement recueille aussi des données sur la situation financière du client et sur son expérience de l'investissement en bourse, avant de lui proposer des produits adaptés.
Avant de signer, l'épargnant a intérêt à consulter la grille de frais (droits de garde, frais de courtage par ordre, frais de transfert) et à rechercher les fonds éligibles proposés par l'établissement. Pour vérifier une règle fiscale, la source qui fait foi reste le site public service-public.gouv.fr, édité par la Direction de l'information légale et administrative, et les fiches de l'administration fiscale publiées sur impots.gouv.fr ; un expert-comptable ou un conseiller en gestion de patrimoine aide à trancher une question propre à un foyer.
Trois erreurs reviennent souvent chez les nouveaux titulaires. Retirer quelques centaines d'euros avant cinq ans pour un besoin ponctuel ferme l'enveloppe : l'épargne de précaution se place plutôt sur un livret réglementé. Confondre le PEA avec un produit pour défiscaliser ses revenus de l'année conduit à des déceptions, car aucune réduction d'impôt n'intervient au moment du dépôt. Enfin, croire que la flat tax (PFU) s'applique toujours fait oublier que le barème peut coûter moins cher à un foyer peu imposé.
Défiscaliser avec un PEA reste une stratégie d'investissement à long terme, à mettre en regard des autres dispositifs pour défiscaliser : immobilier locatif, logement neuf, souscription au capital de PME ou dons aux associations, qui ouvrent droit à une réduction ou à un crédit d'impôt selon des conditions propres à chacun. La finance personnelle d'un foyer combine en pratique plusieurs enveloppes, chacune avec son régime fiscal, plutôt que de tout miser sur une seule. Pour défiscaliser ses revenus du capital sans subir la contribution sociale à taux plein, aucune enveloppe ne fait mieux que le PEA sur les actions européennes ; pour défiscaliser l'impôt de l'année, d'autres solutions s'imposent.
Rente viagère, décès et risques à connaître
La sortie d'un PEA ne se fait pas toujours en capital. Un PEA assurance peut se convertir en rente viagère, ce qui clôture le plan. Versée après cinq ans, la rente est exonérée d'impôt sur le revenu, mais une fraction reste soumise aux prélèvements sociaux selon l'âge au premier versement de la rente : 70 % avant 50 ans, 50 % entre 50 et 59 ans, 40 % entre 60 et 69 ans, 30 % au-delà. Pour préparer la retraite, cette option transforme un capital en complément de revenu à vie.
Au décès du titulaire, l'établissement clôture le plan et fixe sa valeur au jour du décès. Les gains échappent à l'impôt sur le revenu même si le plan a moins de cinq ans ; seuls les prélèvements sociaux restent dus. Les titres passent sur un compte titres de succession, et la valeur du plan entre dans l'actif successoral, à la différence de l'assurance vie qui bénéficie d'une fiscalité propre au décès.
Investir via un PEA garde enfin le risque propre à la bourse : la valeur des actions varie, le capital n'est pas garanti et une perte reste possible, y compris après cinq ans. La défiscalisation porte sur les gains ; elle ne protège pas contre une baisse des marchés. Une durée de placement longue, une diversification entre secteurs et pays européens et des versements réguliers limitent ce risque sans le supprimer. Le risque de perte pèse surtout sur une durée de détention courte : choisir le moment du retrait du PEA, plutôt que de le subir après une chute des cours, reste le meilleur moyen de préserver le gain, et un épargnant peut également sécuriser une fraction de son épargne en fonds monétaires hors PEA à l'approche de son projet, qu'il s'agisse d'un achat immobilier ou d'une échéance de fin décembre.
Versements non déductibles, retrait partiel, prélèvements sociaux et assurance vie
Un PEA permet-il de déduire ses versements de son revenu imposable ?
Non, les versements sur un PEA ne réduisent pas l'impôt de l'année. L'avantage fiscal du PEA porte uniquement sur les gains, exonérés d'impôt sur le revenu après cinq ans. Le plan d'épargne retraite fonctionne à l'inverse, avec des versements déductibles du revenu imposable dans certaines limites.
Peut-on encore verser sur un PEA après un retrait partiel ?
Après cinq ans, un retrait partiel n'empêche plus les versements depuis la loi PACTE de 2019, tant que le total versé reste sous le plafond. Avant cinq ans, un retrait clôture le plan, sauf exceptions prévues par la loi.
Les prélèvements sociaux du PEA sont-ils à 17,2 % ou à 18,6 % ?
Pour les revenus perçus en 2026, le taux général des prélèvements sociaux sur les produits de placement atteint 18,6 % et s'applique au PEA. Le taux de 17,2 % reste réservé à l'assurance vie, au PEL, au CEL et au PEP. Des taux historiques peuvent jouer sur les gains acquis avant 2018.
Faut-il préférer un PEA ou une assurance vie ?
Les deux enveloppes se complètent plutôt qu'elles ne s'opposent. Le PEA vise une exposition en actions européennes avec une exonération d'impôt sur le revenu après cinq ans ; l'assurance vie accepte tous les supports, dont les fonds en euros, et offre des avantages à la transmission. Un épargnant qui investit à long terme ouvre souvent les deux.

